Histoire de ma famille

Se lancer dans l’histoire de sa famille est une entreprise passionnante mais de longue haleine. Si on peut envisager d’identifier 3 ou 4 générations en quelques semaines ou mois, remonter vers 1650, c’est à dire environ 12 générations, revient à identifier 4096 individus !

Avant de se plonger dans les archives, en ligne ou en salle de lecture, on recherche et on met en ordre ses papiers familiaux (livrets de famille, extraits de naissance, actes de décès, actes notariés, photographies etc.) pour réunir les éléments qui serviront de base à la recherche. La recherche elle-même dépendra de l’objectif visé : établir un arbre généalogique qui remonterait le plus loin possible, ou s’intéresser de plus près à un ancêtre en particulier ayant une histoire personnelle particulière (enfant trouvé, soldat ou prisonnier de guerre, immigré, etc.).

Arbre généalogique des comtes de Blois, gravure sur cuivre, 1608, 33 Fi 479. (jpg - 2902 Ko)

Arbre généalogique des comtes de Blois, extrait des Principum Christianorum Stemmata de Antonius Albizius, Kempten. Gravure sur cuivre, 1608, 33 Fi 479.

Les principales sources disponibles en archives départementales

Les registres paroissiaux et d'état civil

D’abord tenus par les curés, puis par les mairies depuis 1792, les actes d’état civil sont la source fondamentale de toute recherche généalogique : ils fixent légalement les dates de vie et la filiation de l’individu.

Un peu d'histoire

Août 1539 : l'ordonnance de Villers-Cotterêts prescrit la tenue des registres de baptêmes par les curés de paroisse.
Mai 1579 : l'ordonnance de Blois prévoit également la tenue des registres de mariages et de sépultures.
Avril 1667 : le Code Louis rend obligatoire la rédaction d’un double des registres qui sera déposé au greffe du bailliage (tribunal) en fin d’année.
9 avril 1736 : une déclaration royale précise la manière de tenir les registres et prescrit la tenue des registres en double minute (c'est-à-dire deux originaux).

Dès 1559, les protestants tiennent également des registres. Cette mesure est confirmée par la déclaration royale du 14 décembre 1563. Les registres protestants disparaissent en 1685 à la révocation de l'édit de Nantes. L'édit de tolérance de novembre 1787 accorde à nouveau aux protestants la possibilité de faire enregistrer naissances, mariages et décès devant le curé ou les officiers de justice.

Par la loi du 20 septembre 1792, la tenue des registres est laïcisée : c'est la naissance de l'état civil. La tenue de tables décennales est prescrite. Les registres sont tenus en double exemplaire par le maire, officier de l'état civil. La première collection est conservée en mairie, la seconde est remise au greffe du tribunal.
Des mentions marginales sont progressivement créées : la mention des mariages est portée dans les registres à partir de 1897 et celle des décès depuis 1945. Attention toutefois : les mentions marginales ne sont plus obligatoirement portées sur les actes de la collection du greffe depuis 1989, les actes numérisés en ligne peuvent donc être incomplets. Seul l’exemplaire conservé en mairie est bien à jour de toutes ses mentions marginales.

Quels registres trouve-t-on aux archives départementales ?

Les registres paroissiaux et d’état civil aux archives départementales sont conservés en deux sous-séries différentes :

  • 4 E : exemplaire du registre paroissial remis au greffe du bailliage (normalement depuis 1667 puis systématiquement à partir de 1737) puis exemplaire du registre d’état civil au greffe du tribunal (depuis 1792), collection conservée jusqu’aux années 1950.
  • E-DEPOT : initialement conservés par les communes, les registres les plus anciens du département (de 1501 à 1737) n’existant qu’en un seul exemplaire ont été déposés aux archives départementales afin d’assurer leur conservation.

Pour la mise en ligne, la collection du greffe (4 E) a été numérisée en priorité puis complétée pour les registres les plus anciens ou en cas de lacune de la collection du greffe, par la collection déposée par les communes (E-DEPOT).

Quels sont les actes accessibles en ligne ?

D’une façon générale, tous les actes d’état civil conservés aux archives départementales âgés de plus de 100 ans sont accessibles en ligne. Pour plus de détail, consultez la fiche de recherche dédiée.

Comment retrouver un acte ?

Vous connaissez le lieu et la date de l’acte

S’il a plus de 100 ans, il est fort probable que celui-ci soit en ligne. Sur la page de l'état civil en ligne, renseignez le formulaire de recherche avec la commune, l’année et le type d’acte pour accéder au registre concerné. Il faut ensuite feuilleter les actes, organisés chronologiquement, jusqu’à l’acte recherché.

Vous connaissez le lieu mais pas la date exacte

Les tables décennales de la commune vous permettront d’avoir une vue d’ensemble sur les actes d’état civil enregistrés sur une période de 10 ans. Ces tables, qui commencent en 1793, sont conservées sous la sous-série 5 E et sont accessibles via le formulaire de recherche de l’état civil en cochant l’item “tables décennales”.

Vous connaissez la date mais pas la commune de l’acte

La recherche sera plus longue. Si une recherche sur les communes les plus probables (lieu de résidence, lieu de résidence de parents, communes limitrophes) reste sans résultat, il pourra être utile de se tourner vers les tables des successions et absences.

Vous ne connaissez ni le lieu ni la date de l’acte

La recherche pourra être difficile. Les bases de données en ligne, associatives (Cercle généalogique de Loir-et-Cher notamment) ou commerciales vous permettront une recherche à l’échelle du département ou de la France entière parmi les ressources indexées.

Les tables alphabétiques de dépouillement

Complément papier de la base de données du Cercle généalogique de Loir-et-Cher, ces tables réalisées par des bénévoles sont librement accessibles en salle de lecture des archives départementales (site de Blois, reproduction interdite). Elles dressent, à l’échelle d’une commune, la liste alphabétique de l’ensemble des actes contenus dans les registres paroissiaux et d’état civil, permettant une recherche rapide par nom de famille. Ces tables sont classées dans la sous-série 75 J.

Les recensements de population

Les listes nominatives issues du dénombrement de la population, couramment dénommées « recensements de population », sont établies à l’échelle communale tous les 5 ans, hors période de guerre, de 1831 (ou 1836) à 1975.

Listant les habitants sous forme de tableaux, elles recueillent des renseignements dont le détail varie suivant les années mais comportant a minima :

  • la composition du foyer,
  • les noms et prénoms des individus qui le composent,
  • leur année de naissance ou leur âge,
  • leur profession.

Elles sont notamment utiles pour identifier les différents membres d’une famille. Ces listes sont conservées dans la sous-série 6 M (1831 à 1936) et dans la sous-série 530 W (1946 à 1975). Elles sont accessibles en ligne après 75 ans et librement consultables en salle de lecture jusqu’en 1975.

Les tables des successions et absences

Ces tables recensent tous les défunts à l’échelle d’un bureau de l'Enregistrement, qui regroupe plusieurs communes. Elles indiquent notamment les dates précises de décès et l’existence éventuelle d’une déclaration de succession. Elles présentent un intérêt majeur pour l’histoire des personnes, des familles, mais aussi leurs biens.

Les tables de successions et absences sont établies par canton à partir de 1825. Elles remplacent les tables de décès, les tables des extraits de sépultures et les tables des successions acquittées établies depuis la Révolution. Ce sont des répertoires alphabétiques où sont inscrits tous les défunts dans l’ordre chronologique (plus ou moins strict) des décès. Tous les décès, y compris ceux n’ayant pas donné lieu à une succession, y sont consignés. Elles permettent de rechercher un décès à une échelle géographique plus large que la commune.

Toutes les tables de successions et absences conservées ont été numérisées et sont consultables en ligne.

Une aide à la recherche spécifique est disponible ici


Le recrutement militaire

Depuis le début du XIXe siècle, tous les hommes français sont recensés à leurs vingt ans à des fins de recrutement militaire.
De 1803 à 1905, le soldat est désigné par tirage au sort (avec, entre 1800 et 1872, la possibilité de payer un remplaçant).
De nombreuses listes résultent de ce processus administratif :

  • listes de recensement des jeunes hommes (dans leur 20e année) avec les renseignements succincts (état civil, adresse) ;
  • liste de tirage au sort par canton (conscrits et exemptés) ;
  • listes des conscrits puis listes du contingent.

Les registres matricules militaires apparaissent en 1867 : le feuillet matricule dressé lors du recensement est complété par l’administration militaire jusqu’à la libération des obligations militaires de l’individu (46 ou 49 ans). Ils sont conservés dans la sous-série 1 R et sont conservés aux archives départementales jusqu’à la classe 1940 (individus nés en 1920).
Les registres matricules sont accessibles en ligne jusqu’à la classe 1921 (individus nés en 1901), et en partie indexés.

Les tables alphabétiques sont accessibles jusqu’à la classe 1940.

Pour les classes de 1922 à 1940 puis à partir de 1940, voyez notre fiche d'aide dédiée aux matricules militaires.

Pontlevoy, conscrits de la classe 1902, 120 Fi 60 (jpg - 2151 Ko)

Pontlevoy, conscrits de la classe 1902, cliché Louis Clergeau, 1902-1903, 120 Fi 60.

Les actes notariés

Les actes notariés constituent un complément intéressant dans la recherche de ses ancêtres. On y trouve des actes de partage, des contrats de mariage, des actes de vente de biens mobiliers et immobiliers, des baux, des contrats d'apprentissage, des actes de curatelle et de tutelle, etc.
Les minutes notariales sont conservées dans la sous-série 3 E, classées par étude et par ordre chronologique. Si la date précise de l’acte n’est pas connue, les répertoires établis par les notaires ou les archives de l’administration de l’Enregistrement peuvent faciliter la recherche.
Les archives des notaires sont librement communicables en salle de lecture (site de Blois) à l'issue d'un délai de 75 ans. Ces documents ne sont pas numérisés.

Les listes électorales

Les listes électorales sont aussi des sources complémentaires.
Avant 1848, elles ne donnent que la liste des plus imposés (suffrage censitaire). Après 1848 et l'instauration du suffrage universel, on y trouve tous les hommes de plus de 21 ans. Il faut attendre 1946 pour y trouver les femmes.
Elles sont conservées dans la sous-série 3 M jusqu'en 1940 et dans plusieurs sous-séries de la série W après 1940. Ces documents ne sont pas numérisés.

Pour en savoir plus sur l’état civil

 Delsalle, Paul. Histoires de familles. Les registres paroissiaux et d’état civil, du Moyen Âge à nos jours. Presses universitaires de Franche-Comté, 2009, consultable en ligne.

Pour en savoir plus sur la généalogie

Consulter la rubrique « Faire sa généalogie » sur FranceArchives.